Traverser les frontières en vélo n’est jamais très reposant. Celle du Mexique au Guatemala était haut, très haut en couleurs!
D’abord, en arrivant à Talisman, la ville frontière du Mexique, une vingtaine de soldats aux traits tendus nous attendaient. L’un d’eux nous fait un signe de venir vers lui. «Que faites-vous? Que transportez-vous? Ouvrez vos sacs!», nous demande-t-il autoritairement. Torrey obéit. Il ouvre sa saccoche avant et sort la première chose qui lui tombe sous la main: son livre de poésie espagnol et son dictionnaire anglais/espagnol. Nous lui expliquons que nous avons commencé notre voyage en Alaska il y a 6 mois, etc. Les traits de son visage s’adoucissent. Il semble impressionné. Très impressionné même. Avant de nous donner le feu vert, il insiste pour nous serrer la main et nous souhaite un bon voyage. Nous avons toujours eu de bons contacts avec les militaires mexicains, du début à la fin!
Après une courte descente, nous arrivons au bout d’une route quasi désertique. Tout au loin, on pouvait lire sur un écriteau : «Feliz viaje y pronto retourno». Au moment même où mon regard fixait l’horizon, un adolescent d’environ 15 ans apparaît devant nous en levant sa main. «Stop! Passeport!» Il est insistant et harcelant. No way. Je ne vais pas donner mon passeport à un mineur! Il me montre sa carte d’identité, un papier plastifié qu’il porte au cou. Je ne prends pas la peine de le lire, j’avance en essayant de l’ignorer.
Entre temps, des dizaines de changeurs de monnaie se font la guerre entre eux pour arriver à nous les premiers. Nous n’avons plus d’argent à échanger. Dommage pour eux.
L’adolescent nous conduit à la douane mexicaine. Il se porte volontaire pour surveiller nos vélos. Il est hors de question, nos vélos nous suivent. Cinq minutes suffisent pour le contrôle de nos visas mexicains. Nous quittons. L’adolescent réapparaît, cette fois-ci avec ses amis. Ils doivent être cinq à nous encercler. Je ne comprends pas ce qu’ils disent, ni ce qu’ils veulent. Moi, je veux simplement la paix!
L’un deux nous pointe un guichet où nous devons faire étamper nos passeports pour entrer au Guatemala. Nous laissons nos vélos sur la rampe, quelques mètres derrière nous. Le douanier guatémaltèque me pose plusieurs questions. Ses mots ne se rendent pas à mes oreilles. Je lui demande de répéter quelques fois quand soudainement, un autobus bondé se vide entre nous et nos vélos. Je regarde Torrey nerveusement. «Occupe-toi des passeports, je surveille les vélos!» C’est le chaos!
Torrey revient quelques minutes plus tard. Nos papiers sont en ordre. Les adolescents nous entourent toujours. L’un d’eux nous inforrme qu’il faut lui payer une taxe pour les vélos. C’est une arnaque; il veut de l’argent. Un homme dans la file nous dit qu’ils veulent un pourboire, mais que c’est optionnel! Un pourboire? Pour nous avoir embêté et harcelé? Nous quittons, cette fois définitivement, à travers la foule dense.
Entre temps, le ciel s’est couvert de nuages et nous envoie trois gouttes de pluie.
Dans la rue, tout est différent. Musique, nourritures, senteurs, tenues vestimentaires, traits raciaux… un réel contraste avec le Mexique. J’aurais aimé filmer le tout, mais il y a des moments où mieux vaut se retenir… Avant de traverser l’écritaux annonçant l’entrée au Guatemala par contre, je n’ai pas eu le choix de capturer le moment!
Nous avons roulé les premiers kilomètres, le sourire aux lèvres. Il n’a fallu que quelques instants pour tomber sous charmes de ce pays.
Nous avons traversé Malacatan, la première grande ville. Irrésistible! Comme au Mexique, on se fait saluer par des coups de klaxon et dévisager du regard.
En quittant la municipalité, le ciel s’est assombri. Sans que nous ayons eu le temps de nous préparer pour l’orage, il a commencé à pleuvoir. À notre gauche, un type nous regarde et nous fait signe de venir se réfugier chez lui. C’est comme ça que nous avons fait la connaissance avec José et sa (grande) famille. Il nous propose de rester pour la nuit. Proposition acceptée!
Au moment de lancer la tente dans la court avant, tout le voisinage est au rendez-vous. Une vingtaine d’enfants et adultes scrutent nos moindres gestes. J’entends José expliquer qui nous sommes. «Ils sont venus de l’Alaska en vélo. Ils ne parlent pas beaucoup espagnol.» Nous sommes les premiers gringos qu’ils rencontrent, c’est évident.
Le lendemain, nous nous mettons en route pour San Marcos. On nous avait prévenu qu’il s’agisssait d’une longue et difficile ascension, mais je ne savais pas que de telle route existait. Le dénivellé moyen est de 10 à 20%, pendant 50 kilomètres! La première journée, nous avons roulé 30 km avec une vitesse moyenne de 6 km/heure. C’est tellement lent que les vélos ont peine à se tenir droit. Chaque coup de pédale demande un effort soutenu. En compensation, nous recevons des tonnes d’encouragement, avons droit à des vues spectaculaires, roulons dans un climat plus frais et buvons de l’eau qui ne soit pas aussi chaude que du thé!
Le matin suivant, il restait au moins 20km de pur grimpe. J’avais des papillons dans l’estomac juste à y penser… et un peu peur de ce qu’il me restait à affronter. La dernière fois que je me suis sentie comme ça remonte à ma première participation au Championnat Canadien et à la Coupe du monde sur le Mont Royal.
A la toute fin de l’ascension, nous avons croisé un cycliste qui nous a dit être à plus de 4000 mètres d’altitude. Je le crois sur parole, avec tous les nuages au-dessous de nous!
Pas facile le Guate, mais j’adore, j’adore, j’adore!
Well, we’ve been in Mexico since December 22nd. Either we get out of the country soon or become Mexicans. This nation is beautiful and vast and is trying to keep us within its borders forever.
We can’t push the bikes any faster; there’s sort of a set equation that goes something like hills over wind multiplied by the weight of our stuff squared by how much oatmeal we had for breakfast. We can only eat so much oatmeal. So the only solution to finally getting out of Mexico is to sit on our bikes a little longer every day.
Who has time to sit around and enjoy that morning coffee? Not us! We’ll take that to go, thanks.
Who has time for stationary dental hygiene? While life is passing you by, we’re passing fields of cattle and coconuts and removing harmful plaque.
On a more serious note, we’re looking forward to reaching our first Cyclo Nord-Sud partner in about two weeks time, el Centro Salvadoreno de Tecnologia Apropiada (CESTA), in San Salvador. We’re also very excited to cross into Guatemala. Details to come soon! Stay posted!
La paroi des falaises à l’entrée de Salina Cruz était tapissée de louanges à Dieu et de versets de la bible… Alléluia!
Un peu plus loin, nous avons été choqués par la grisaille de la ville. Un vrai contraste avec les autres municipalités mexicaines!
Nous roulons toujours en direction du Guatemala, vers le Nord ironiquement, avant de plonger dans l’Amérique centrale. Le vent de face nous ralenti un peu, mais nous ne nous décourageons pas!
Un des défis de notre aventure est de constamment s’adapter au changement et de ne pas avoir d’adresse fixe, de home sweet home.
Nous avons quitté Puerto Escondido parce qu’il le fallait. Nous n’avions plus d’excuse. C’était le gros luxe pendant six jours: bonne compagnie, lit confortable, piscine d’eau fraîche, machine à espresso, four à gaz, livraison de crevettes fraîches à domicile, etc.
Nous avons décidé de faire un retour graduel sur la route. Après une première journée de 100 kilomètres, nous avons fait escale à Crucecita où l’ami d’un ami pouvait nous héberger pour la nuit. Cela permettrait à Torrey d’avancer son article pour la revue Momentum.
Incapable de rejoindre notre contact, Juan, au téléphone – il a une urgence et est parti à Mexico-, nous parlons avec Gisela. C’est elle qui s’occupe de nous maintenant. «Vous dormirez dans une maison. Combien de nuits resterez-vous? Rendez-vous à la Scotiabank à 18h pour la remise des clés!»
Une… quoi? Une maison? Super!
Elle arrive finalement en taxi, après 25 minutes de retard. Nous la suivons jusqu’à la maison… abandonnée depuis quelques centenaires. Nous sommes surpris autant qu’elle. La porte est condamnée. Elle déverrouille le cadenas rouillé sur la clôture de la cours arrière. Nous entrons. L’herbe est haute et brûlée par le soleil. L’entrée de la maison se trouve à gauche. Des dizaines de chauves-souris volent au-dessus de nos têtes à la file indienne, entrent dans la cage d’escalier jusqu’au deuxième étage. Nous aurons plusieurs amis ce soir…
- Je ne vois pas la toilette, s’exclamne-elle.
- Nous pouvons aller dans la cours, lui repondis-je.
- Êtes-vous sûre que ça ira?
- Oui, c’est parfait!
- Vous n’aurez qu’à verrouiller le cadenas de la clôture demain matin en quittant.
Elle semblait embarrassée, pressée de nous quitter et perturbée par l’idée que nous allions passer la nuit dans un endroit aussi insalubre. Elle n’aurait jamais laissé ses enfants dormir là.
Torrey et moi partons à rire, bouche-bée. Nos attentes étaient bien au-delà de la réalité. Le pire dans tout ça, c’est que n’avons pas besoin de plus. Nous avons monté la tente et dormi comme des bébés.
Jesus is my dentist. He comes highly recommended. Upon arriving here in Puerto Escondito, I needed his help.
“I don’t like doing extractions. I really don’t. But that wisdom tooth has got to come out.” Jesus was earnest, and I had no grounds to argue. I asked if I could run across the street for a last meal before surgery. “Claro!” (”Of course!”) was his answer.
I went to a comedor by the town market and had fried shrimp with rice and tortillas with a big glass of papaya juice. It was divine. I thought I’d be on blender food for a week, and I savoured every mouthful.
There was some yanking. There was some sectioning. I put my trust in Jesus, who wielded his plyers with dexterity and grace.
After it was all over, he gave me my tooth to carry home in a little plastic case in the shape of a mouse. I’m now miles down the road to recovery in the fast lane with the top down. The bonus is that I have to take at least two days off the bike because of the surgery. After our 17-day power haul from Barra de Navidad, that’s medical advice I’m more than happy to take.
In other news… who can guess what I’m doing with this pail of soapy water? The winner gets a prize! Write your thoughts in the comments section at the bottom of this post.
Nous les avons croisés lors de leur sortie dominicale au sud d’Acapulco. Nous n’avions pas vus de «vrais» cyclistes depuis Ensenada, au nord du Mexique. Ils ont eu la gentillesse de nous attendre lors d’une montée de 2 km avant de s’arrêter quelques instants pour jaser, boire… et se laisser prendre en photo! Selon eux, il manque d’appui au Mexique pour pratiquer leur sport. Mais tant qu’il y a des cyclistes, il y a de l’espoir!